Rénover un mur en pierre de longère sans le fragiliser (granit – Morbihan)

Rénover un mur en pierre de longère, en particulier en granit breton, ne consiste pas à le rendre étanche ou à le rigidifier, mais à le stabiliser, l’assainir et le protéger tout en respectant son fonctionnement d’origine.

Dans le Morbihan, où le climat est océanique, humide et venté, l’enjeu est majeur : un mur ancien doit pouvoir respirer, gérer naturellement l’humidité et conserver la souplesse de ses joints. Des interventions inadaptées peuvent entraîner fissures, éclatement des pierres, salpêtre et désordres structurels.

Sommaire

1) Comprendre le mur en granit breton

Les murs de longères bretonnes sont généralement constitués de deux parements en granit, avec un remplissage interne composé de moellons, de mortier terre ou de chaux. Ils sont souvent posés sur un sol naturellement humide, sans fondations modernes ni rupture de capillarité.

Cette maçonnerie est lourde, peu isolante, mais extrêmement durable si l’on respecte sa capacité à sécher naturellement. Dans le climat du Morbihan, bloquer l’humidité avec des matériaux étanches finit presque toujours par fragiliser le mur.

Avant toute intervention, un diagnostic précis est indispensable : état des joints, stabilité des pierres, présence de remontées capillaires, infiltrations ou condensation.

2) Erreurs à éviter pour ne pas fragiliser le mur

Plusieurs pratiques courantes sont particulièrement néfastes :

  • Remplacer la chaux par du ciment (joints ou enduits) : trop rigide et étanche, le ciment piège l’humidité et peut provoquer l’éclatement des pierres.
  • Enduits ou peintures filmogènes (acrylique, pliolite) : l’eau reste bloquée derrière la couche, entraînant cloquages et salpêtre.
  • Sablage agressif : il arrache la croûte naturelle du granit et ouvre excessivement les pores.
  • Déjointoiement brutal à la machine : il peut desceller les blocs et déstabiliser la maçonnerie.

En rénovation de bâti ancien, la règle est simple : ne jamais forcer le mur, mais l’accompagner dans son fonctionnement naturel.

3) Étapes de rénovation d’un mur en pierre

Déjointoiement soigné

Les joints dégradés ou cimentés sont retirés à la main (burin, pointerolle), en restant en retrait des arêtes. Le travail se fait par petites zones pour éviter toute déstabilisation du mur.

Nettoyage et préparation

La pierre est brossée avec des outils adaptés. Un hydrogommage ou micro-sablage très doux peut être envisagé en dernier recours. Les nettoyeurs haute pression et produits agressifs sont à proscrire.

Reprise des pierres et consolidation

Les pierres descellées sont recalées ou remplacées avec un mortier de chaux compatible. Les vides internes accessibles sont comblés sans créer de points durs en béton.

4) Choisir le bon mortier de jointoiement ou d’enduit

Sur le granit breton, les mortiers chaux-sable locaux sont particulièrement adaptés. On privilégie une chaux naturelle (NHL), associée à un sable de carrière de la région, dont la teinte se rapproche des joints d’origine.

Pour un mur apparent : rejointoiement à la chaux, parfois légèrement en retrait ou brossé, afin de mettre en valeur la pierre.

Pour un mur destiné à être couvert : enduit chaux-sable respirant (taloché, gratté ou à pierres vues), qui protège des intempéries tout en laissant l’humidité s’évacuer.

5) Gestion de l’humidité autour du mur

Rénover un mur en pierre sans le fragiliser implique aussi de traiter son environnement. Dans le Morbihan, la gestion de l’eau est déterminante.

  • évacuation correcte des eaux de pluie (gouttières, descentes)
  • pentes de terrain orientant l’eau loin du pied de mur
  • solutions douces contre les remontées capillaires

Une approche globale est souvent nécessaire, associant mur, sol et ventilation. À ce titre, une dalle à la chaux sur hérisson ventilé peut fortement améliorer la gestion de l’humidité du sol.

Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre guide dédié : humidité dans les maisons anciennes du Morbihan .

6) Finitions et entretien dans le temps

Une fois le mur rénové, l’entretien doit rester simple mais régulier :

  • inspection des joints après les hivers humides
  • reprises localisées à la chaux si nécessaire
  • nettoyage doux (brosse souple, eau claire)

Des badigeons ou laits de chaux peuvent être appliqués ponctuellement pour renforcer la protection tout en conservant la perspirance. Observer le mur après de fortes pluies permet d’intervenir avant l’apparition de désordres.

FAQ

Peut-on enduire un mur en granit dans le Morbihan ?

Oui, à condition d’utiliser un enduit chaux-sable respirant, adapté au climat breton et au support ancien.

Faut-il traiter les remontées capillaires avant de rejoindre ?

Un diagnostic est indispensable. Dans certains cas, améliorer les abords, la ventilation et les matériaux suffit sans recourir à des traitements lourds.

À quelle fréquence faut-il entretenir un mur en pierre ?

Une inspection tous les 5 à 10 ans, avec reprises ponctuelles à la chaux, permet de préserver durablement la maçonnerie.

Vous avez un mur en pierre à rénover dans le Morbihan ?

Bati House vous accompagne dans la rénovation de murs en granit et de longères bretonnes, avec des solutions respectueuses du bâti ancien et du climat local.